Amstrong suite
La controverse sur les accusations de dopage portées contre Lance Armstrong par l'Equipe a rebondi jeudi, le patron de l'Agence mondiale antidopage (AMA) Dick Pound affirmant que c'est le président de l'Union cycliste internationale (UCI) Hein Verbruggen qui a fourni les informations au quotidien français. L'UCI a aussitôt rejeté ces propos retentissants tenus par le dirigeant de l'AMA lors d'une conférence de presse téléphonique avant la réunion de son comité exécutif mardi prochain à Montréal.
Dick Pound s'est montré formel. "C'est évident: M. Verbruggen nous a dit qu'il avait montré toutes les formules de M. Armstrong à L'Équipe, au journaliste, et qu'il a même donné une copie d'au moins un des dossiers", a-t-il dit. Et "c'était clairement avant" que le journal fasse ses révélations, a-t-il insisté. "C'est ce que je conclus de la lettre qu'il (le président de l'UCI) nous a envoyée", a dit Richard Pound
Le 23 août, le quotidien L'Équipe avait révélé que des échantillons d'urine d'Armstrong, septuple vainqueur de la Grande Boucle, prélevés pendant le Tour de France 1999, contenaient de l'EPO. Mais cette analyse, réalisée à des fins scientifiques, ne respecte pas les protocoles légaux des contrôles antidopage. "L'UCI n'a aucun problème à confirmer ce qu'elle a dit par courrier à M. Pound", a répliqué un porte-parole de l'UCI. "Le journaliste en question (du journal L'Équipe) est venu à l'UCI sous un faux prétexte et avec l'approbation d'Armstrong. Il est parti de l'UCI avec la copie d'un seul document", a soutenu le porte-parole, affirmant que "les autres documents" venaient d'ailleurs. En outre, Hein Verbruggen, n'était pas au siège de la fédération lors de la visite du journaliste, a-t-il ajouté.
Cette polémique fait suite à plusieurs affrontements publics ces dernières années entre Dick Pound et le président de la puissante fédération cycliste. Vendredi dernier, M. Verbruggen avait indirectement accusé l'AMA d'avoir rendu publiques les analyses controversées dans une interview au quotidien Le Figaro.
Pound, avait-il dit, "met l'attention sur Armstrong et il a intérêt à le faire pour ne pas que l'attention se porte sur l'AMA et son rôle joué dans cette affaire"."On n'avait aucune information au sujet des noms des athlètes impliqués", a rétorqué le patron de l'AMA. "Nous avons reçu du laboratoire des données avec les chiffres de code mais pas les noms. Alors c'était impossible que l'AMA puisse être responsable de la publication des noms", a-t-il soutenu.
Affaire à suivre...