1970 drame discotheque

Publié le par Rolston

1970 : Ces communes
éprouvées par un drame
 
Le 1er novembre 1970, 146 personnes, en majorité des jeunes, trouvent la mort dans l'incendie d'une discothèque de Saint-Laurent-du-Pont, en Isère. Depuis, chaque année, une cérémonie a lieu devant le mémorial dédié aux victimes. Photos archives

Le 1er novembre 1970, un incendie nocturne éclatait dans une discothèque de Saint-Laurent-du-Pont (Isère). Au matin, on allait découvrir l'ampleur de la catastrophe : 146 morts, en majorité des jeunes.
Saint-Laurent-du-Pont n'a jamais assumé le drame. Parce que les victimes n'étaient pas du pays. Et parce que le dancing était situé à l'écart. Au point que, chaque année, la cérémonie devant le mémorial - érigé sur les lieux du drame par les familles - ne rassemble que des parents. Une autre cérémonie a lieu dans le cimetière communal, presqu'en catimini, sur la tombe des quelques victimes inconnues, en présence de rares élus...
Saint-Laurent-du-Pont a donc jeté un voile noir sur la tragédie. Elle restera, pourtant, mémorial impose, la commune de l'impossible oubli.
D'autres endroits font davantage face à une mauvaise publicité.
Feyzin, où 15 pompiers et techniciens furent tués dans l'explosion de cuves d'hydrocarbures en janvier 1966, est un charmant village fleuri qui domine le Rhône et la vallée de la chimie. "Vous savez quand on est en voyage et qu'on dit d'où on est, les gens disent : "Ah, Feyzin ? C'est là, où çà pue!", dit un habitant.
A Vaison-la Romaine (37 morts, 5 disparus lors de la terrible inondation de septembre 1992), la catastrophe attire les touristes. "La fréquentation a augmenté : beaucoup font le détour pour voir le pont romain qui, bloqué par les alluvions, avait fait un bouchon sur l'Ouvèze", dit un restaurateur. C'est pareil au Grand-Bornand (Haute-Savoie) où 23 campeurs furent emportés le 14 juillet 1987.
Les faits-divers criminels attirent aussi les touristes. "L'autenthique auberge de Peyrebeille", en Ardèche, est même devenue un complexe touristique avec hôtel, restaurant, boutique de souvenirs. On visite l'établissement où les époux Martin, au 19e siècle, trucidaient leurs clients pour les dépouiller.
A Lurs (Alpes-de-Hautes-Provence), la ferme de la Grand'Terre a été vendue. Les nouveaux propriètaires en ont fait un Gîte. Les victimes du triple crime d'Août 1952 étant anglaises, des britanniques font le détour. Dans le village, sur la colline, loin de la ferme, on ne parle pas de l'affaire, sinon pour évoquer la demande en révision du procès de Gaston Dominici engagée par ses descendants. Dans les boutiques, on ne trouve que les livres des partisans de la révision.
Dans le même département, à la Motte-du-Caire, l'atmosphère est plus pesante. C'est ici, le 26 juillet 1988, que fut tuée la petite Céline un soir de fête. Ce fut le départ d'une énorme affaire aux nombreux rebondissements jusqu'à l'acquittement de l'un des deux marginaux accusés du meurtre. "Personne ne vient pour ce crime. Il faudrait d'ailleurs faire un grand détour. Pour rien, car il n'y a rien à voir. Les vacanciers viennent pour la beauté du site", se réjouit une jeune épicière.
D'autres lieux qui furent tragiques, comme Val-d'Isère (39 morts en février 70) ou le Plateau d'Assy (71 morts, en majorité des enfants, en avril de cette maudite année 70), théâtres d'avalanches meurtrières, ont complètement tourné la page. D'une part parce que le sanatorium de Haute-Savoie a disparu, d'autre part parce que l'activité de la station savoyarde est tellement forte et dynamique, que le souvenir de ces drames ne pèse plus grand chose dans les mémoires.

 
 

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Publié dans Vie

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