A l'heure des poubelles
"merde merde, je te dis que c'est le camion poubelle, c'est l'heure, il arrive, viiiiiiiiiiiiiite magne toi !!!!"
Que ma femme sait être douce et poétique parfois. Je l'aime aussi pour ça. Me voilà saisissant une serviette au vol, sortir à demi nu, courrir ventre à terre pour me retrouver au milieu de la rue avec dans la main droite ma belle et fiére poubelle, et dans la main gauche un bout de ma serviette qui n'avait alors qu'une envie: goûter à la liberté. Ce n'est pas tant le regard quelques peu amusé du conducteur de l'engin ni même le fait qu'au même moment deux de mes stagiaires passés par là, qui m'a le plus fait de mal, mais bien le putain de bout de verre que j'ai brillamant réussit à me foutre dans le pied. Je m'en suis donc retourné chez moi, humilié, me préparant déjà à subir les railleries d'une demie douzaine d'adolescents le lendemain à mon travail et saignant tel le porc que l'on égorge mais au pied (coutume ancestrale chez les moines des hauts alpages qui , afin de ne pas faire trop de mal à la bête la saignaient au pied, c'est un choix respectons le). Aprés avoircopieusement repeinds la douche d'une couleur rouge chatoillante, je me suis retrouvé assis aux côtés de ma si délicieuse épouse juste pour l'entendre me dire :"j'espére que t'as pas salopé la serviette !!!" Le bonheur, je ne sais pas s'il est dans le prés mais ce que je peux affirmer c'est qu'il était pas chez moi ce soir. Avec un peu de chance j'vais me choper le tétanos moi, j'l'aurai bien gagné moi ma journée.