SÉVERINE A ÉTÉ LA VICTIME D'UN TERRIBLE PIÈGE

Publié le par Rolston

SÉVERINE A ÉTÉ LA VICTIME D'UN TERRIBLE PIÈGE
C'était bien un guet-apens...
 
Le corps de la jeune femme de 25 ans dont on n'était depuis lundi été retrouvé hier à l'aube, gisant en contrebas d'une route de montagne, au sud de Grenoble. C'est un jeune chef d'entreprise, marié et père de deux enfants, qui a indiqué aux enquêteurs l'endroit de la macabre découverte. Il aurait attiré sa victime en lui donnant rendez-vous pour un entretien d'embauche...
 
La jeune femme de 25 ans, portée disparue depuis lundi après-midi, a été retrouvée peu après 3 heures dans la nuit de vendredi à samedi. Son corps gisait dans d'épais buissons en contrebas de la route départementale 529, une trentaine de kilomètres au sud de Grenoble. Une route sinueuse qui relie Grenoble à La Mure et qui surplombe le lac du Monteynard. C'est précisément à la hauteur de la commune de Monteynard que le meurtrier de Séverine Brunet-Jailly s'est "débarrassé" de son corps en le jetant dans la pente vertigineuse du haut d'un petit pont enjambant une ravine.
Il était dénudé et présentait plusieurs plaies manifestement provoquées par une arme blanche dont une, plus profonde, au niveau de la gorge.

L'autopsie, pratiquée demain, devrait révéler les causes précises de son décès et déterminer si la malheureuse a subi ou non des violences sexuelles.
Ce qui semble sûr, c'est que ce tragique épilogue est la conséquence d'un véritable traquenard, savamment mûri et élaboré par ce qu'il convient d'appeler un prédateur.
Le jour de sa disparition, Séverine Brunet-Jailly avait eu sa mère au téléphone vers 16h30. Elle lui avait dit qu'elle venait de recevoir un "coup de fil" d'un homme lui proposant un rendez-vous pour un entretien d'embauche. Hôtesse au golf d'Uriage, la jeune femme cherchait en effet un autre emploi pour pouvoir partager plus de temps avec celui qu'elle devait épouser le 15 juillet prochain. Elle avait donc envoyé son curriculum vitae à un grand nombre d'entreprises de la région via La Poste ou Internet.
Son interlocuteur téléphonique lui avait dit qu'il s'était procuré ce CV et qu'il souhaitait la rencontrer pour lui proposer un poste de secrétaire dans l'entreprise de serrurerie qu'il dirigeait. Rendez-vous avait été fixé à 17 heures sur la place principale de Poisat, une petite commune de la banlieue grenobloise.
Sa voiture a bien été retrouvée, mardi, sur la place en question mais Séverine, elle, n'est jamais réapparue.
Dès mardi soir, les policiers de la Sûreté départementale ont multiplié les investigations et recoupé un certain nombre de témoignages. L'un d'eux, notamment, émanait d'une jeune femme qui, comme Séverine, avait été contactée par un homme possédant son CV et prétendant rechercher une secrétaire. Elle n'avait pu se rendre au rendez-vous mais elle avait conservé le numéro d'appel sur son téléphone portable. L'enquête a permis d'établir que ce numéro était celui d'une cabine téléphonique... située sur la place de Poisat.
Dès lors, les policiers ont procédé à plusieurs vérifications et sont finalement remonté jusqu'à un suspect, interpellé jeudi matin à son domicile de Saint-Martin-d'Hères. Ancien commercial, cet homme de 32 ans s'était associé avec le patron d'une petite entreprise de serrurerie, la Serrurerie Métallerie du Béal située dans la ZI Sud de Saint-Martin-d'Hères, pour en monter une autre ensemble, la Serrurerie Métallerie Automatismes Grenoblois (SMAG) également située à Saint-Martin-d'Hères. Entendu dans le cadre de cette affaire, son associé a été totalement mis hors de cause.
Le suspect, lui, a été placé en garde à vue. Au cours de son audition, il a finalement avoué avoir tué Séverine.
Il a expliqué aux enquêteurs qu'il s'était procuré le CV de plusieurs jeunes femmes et qu'il les avait contactées par téléphone, de la cabine, afin de les rencontrer. Peut-être pour tenter de les séduire. Séverine a accepté sans se méfier. Lorsqu'elle est arrivée au rendez-vous, il lui aurait proposé de le suivre, chacun dans sa voiture, jusqu'à sa société. En fait, il l'a conduite jusqu'à l'entreprise de son ami. Voyant qu'il y avait du monde, il aurait alors invité la jeune femme dans une maison voisine dont il avait les clés pour pouvoir discuter tranquillement. Ils auraient parlé du poste et Séverine aurait finalement décliné la proposition. Mais au moment où elle s'est levée pour partir, l'homme aurait tenté de la retenir et, face à son refus, aurait sorti un couteau de sa poche. Séverine s'est vivement débattue mais elle a néanmoins été mortellement touchée de plusieurs coups.
Le suspect aurait laissé son corps dans la maison et aurait ramené sa voiture sur le parking où elle a été retrouvée. Il serait ensuite rentré chez lui. Ce n'est que le lendemain matin, mardi, qu'il serait revenu dans la maison pour faire disparaître le corps. C'est, a-t-il dit, parce que les vêtements de sa victime étaient imbibés de sang qu'il les lui aurait ôtés avant de la transporter, dans sa voiture, jusqu'à Monteynard. Hier matin, c'est lui qui a indiqué aux enquêteurs le lieux précis où il l'avait abandonnée.

Publié dans Vie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article